- Tu es une rêveuse ?
Je l’ai été enfant, jusqu’à ce que je refuse de m’évader de la réalité, que j’accepte d’en voir la beauté. Je me suis réveillée et j’adore ce monde. Ma musique est très floue, rêveuse, alors je compense avec des paroles crues, ancrées dans le quotidien. Je ne triche pas. J’ai été élevée avec des valeurs traditionnelles mais depuis ma vie n’a pas été très orthodoxe. J’ai toujours écouté mon instinct, suivi une route complexe mais personnelle. Les seules valeurs que j’ai gardées et que je revendique sont l’honnêteté et l’intégrité. Dès l’école, les instituteurs l’ont très vite compris. J’étais libre, ils me laissaient apprendre seule, à mon rythme. J’ai toujours vécu comme ça, dans ma propre tête, à me poser des questions sans répit. Et j’avais peur : de faire de la musique, de ne pas parvenir à mes fins.
- Dans toutes tes chansons, ce mélange de cérébral et d’animal…
Oui, c’est exactement ça. Même si j’ai passé la plus grande partie de ma vie enfermée dans ma tête, je suis hantée par le plaisir physique. J’adore ma chanson Born to Die pour ça : blottie dans ses bras, j’y ressens la passion de mon amoureux, une vraie métamorphose neurologique. Ça me fait vraiment du bien d’échapper à ma réalité mentale. J’aime juxtaposer ce sentiment d’extase avec cette idée fixe que tout se finit par la mort… Je ne connais pas de meilleure combinaison que l’animal et le cérébral.
- Extrait de l’interview de Lana Del Rey pour les Inrocks “Lana Del Rey, la naissance d’une icone“
Chanson : It’s what make us girls - Lana Del Rey